Entretien avec Anne-Sophie, ancienne du Wagon

Aujourd'hui, je vous propose un entretien avec une littéraire qui s'est réorientée dans le code après une première partie de carrière dans les RH - et qui pour cela a choisi le Wagon, j'ai nommé Anne-Sophie !

- 2017-6-20

Anne-Sophie, ancienne du Wagon < Sagarank : Hello Anne-Sophie, peux-tu nous parler un peu de toi et de ton parcours ?
Anne-Sophie : Un parcours tout sauf linéaire…. J’ai commencé par vouloir enseigner : après une formation initiale en littérature anglo-saxonne à l’ENS, j’ai amorcé un premier revirement au moment de passer l’agrégation : je ressentais à l’époque le besoin d’être plus impliquée dans la vie économique. Pour une littéraire, il y a peu de métiers facilement accessibles en entreprise - j’ai opté pour les ressources humaines. A l’issue d’un master professionnel, j’ai intégré un grand groupe français travaillant dans l’environnement, en tant que chargée de recrutement. J’y suis restée 7 ans, et j’ai occupé plusieurs fonctions. Dans mon dernier poste, j’étais en charge de la région Afrique - Proche Orient. C’était un poste passionnant, avec énormément de défis humains à relever dans une zone en plein développement, mais très complexe sous de nombreux aspects.

SR : Pourquoi as-tu choisi de changer de voie ?
AS : Au-delà des défis humains de mon dernier poste, mes valeurs personnelles étaient en décalage avec les principes de l’entreprise, ce qui me mettait dans une situation intenable. Après une douloureuse réflexion, j’ai finalement décidé de quitter mon poste pour développer une activité plus en phase avec mes valeurs : permettre à chacun de disposer d’un accompagnement RH personnalisé, objectif et professionnel, pour pouvoir reprendre la main dans ses décisions d’orientation professionnelle.

SR : Comment t'es-tu dirigée vers le Wagon et pourquoi ?
AS : Avant de prendre la décision de quitter mon emploi, j’ai participé à une session de Switch Collective, qui propose un programme d’accompagnement sur 6 semaines pour faire un bilan de situation, et identifier le type de projets / d’activité qui correspondaient à mes valeurs et à mes compétences. Cela m’a permis de confirmer mon idée de projet, mais aussi de m’ouvrir à d’autres activités, dont le code. Étant littéraire, j’ai toujours pensé que c’était hors de portée pour moi, alors que j’ai toujours été fascinée par ce monde. En faisant quelques cours en ligne, j’ai découvert le code comme une langue, plutôt que comme une série d’équations... et ça a été le déclic ! J’ai ensuite trouvé les vidéos du Wagon sur Youtube, et me suis prise au jeu de créer une landing page en 2h. J’ai fini par sauter le pas en m’inscrivant à la formation Fullstack de 9 semaines ! J’y voyais un double intérêt : cela me permettait de pouvoir à terme développer le site de l’activité que je monte, mais aussi de découvrir un autre monde dans lequel j’aurais peut-être envie de continuer à travailler (spoiler : c’est le cas!). J’ai choisi Le Wagon pour plusieurs raisons :

  • le format de la formation, à la fois ramassé, intense, mais extrêmement complet
  • les recommandations qui m’en avaient été faites, unanimement positives
  • l’atmosphère générale du lieu où se déroulent les cours, qui est un véritable lieu de vie, plutôt qu’une salle de classe sans personnalité Et je n’ai pas regretté mon choix, au vu de la qualité des cours, des supports, des intervenants, et du staff - tout est fait pour que l’on se sente bien (et c’est important au vu de l’intensité de la formation).

SR : Comment se déroulent les cours / projets ?
AS : La formation dure 9 semaines, qui se décomposent en 2 temps :

  • la partie formation - à proprement parler - dure 6 semaines. On apprend toutes les briques qui nous permettront plus tard de coder des sites de A à Z. La journée type démarre à 9h par un cours d’1h30, puis nous travaillons en binôme sur des exercices jusqu’à 17h30 - l’idée est de s’entraider pour pouvoir terminer les exercices ensembles, et si nous sommes vraiment bloqués, nous pouvons solliciter l’aide du prof ou d’un prof-assistant pour comprendre pourquoi ça ne passe pas. La journée se termine par un “live-code”, qui est une sorte d’exercice collectif où tous les élèves participent pour coder un exercice, avec toujours l’appui d’un prof.
  • la partie projet, qui dure 3 semaines. L’objectif, c’est d’apprendre à travailler en équipe. Nous codons d’abord une réplique du site d’AirBnb en une semaine. Les deux dernières semaines sont dédiées aux projets des élèves : ceux qui le souhaitent peuvent en effet proposer leurs projets et monter des équipes pour travailler sur leur projet. Nous avons toujours 1h30 de cours le matin, mais le reste de la journée est consacré au travail sur les projets, avec toujours l’appui des profs et des profs-assistants. Et ce sont ces projets que nous présentons lors du Démo-day (et dont les vidéos sont accessibles sur Youtube).

SR : Comment as-tu vécu le fait que tu n'avais jamais codé avant de commencer le bootcamp ?
AS : J’étais un peu inquiète de mon bagage mathématique minime (pour ne pas dire inexistant) en arrivant au Wagon. Pour la partie code, je n’étais pas si inquiète que cela car on m’avait bien précisé que justement, le bootcamp s’adressait à des gens qui n’avaient jamais codé. Tous les outils pédagogiques, la structuration des cours, la progression sont très bien étudiés pour permettre à n’importe qui d’acquérir très rapidement les connaissances de base et surtout, la logique du développeur (qui consiste à bien lire les messages d’erreurs, à lire les manuels des différents programmes utilisés, et à savoir chercher les informations et les réponses aux questions au bon endroit). Et l’accompagnement, que ce soit des professeurs ou des prof-assistants, est d’une qualité remarquable ! Tout est expliqué de manière extrêmement limpide, donc aucun souci pour rester à bord.

SR : Quels langages as-tu appris ? (et si tu peux expliquer en deux mots à quoi ils servent ;))
AS : On va détailler un peu :

  • Ruby & Ruby on Rails pour la partie back-end : pour faire simple, c’est toute la partie qui permet de créer la technique qui se trouve derrière le site, qui fait les calculs etc.
  • SQL/PostgreSQL pour les bases de données : c’est ce qui permet de stocker des informations qui seront soit présentées sur le site, soit que les utilisateurs rentreront sur le site (dans le cas d’une marketplace)
  • HTML/CSS/SCSS, Bootstrap, JavaScript/Jquery : là, on est sur la partie visuelle : c’est tout ce qui fait que le site apparaît d’une certaine manière (pas trop moche idéalement….), avec des animations, et qu’il puisse être beau à la fois sur écran d’ordinateur ET de téléphone portable.
  • Git & Github : ce sont les outils de versioning (mais mieux que la méthode fichier.V2.Rev92.10.01.2017), indispensable pour les projets où la collaboration en équipes de développeurs est requise.
  • Sinatra/Middleman/Heroku : coder un site, c’est bien, mais le rendre accessible aux autres, c’est mieux… il faut donc pour cela des outils pour héberger le site.

Nous avons également vu d’autres outils spécifiques qu’il est possible d’inclure dans un site, pour proposer une solution de paiement en ligne, créer des interfaces d’administration, envoyer des mails, gérer la traduction, etc.

SR : Peux-tu nous parler du MVP que tu as créé avec ton équipe ?
AS : J’ai participé au projet Bookshare, qui propose une solution originale de trouver rapidement et sans prise de tête des livres à lire. Plutôt que de faire un énième site de recommandations littéraires avec des listes, nous avons préféré mettre l’accent sur la communauté, car il nous est apparu au final que les avis les plus pertinents en matière de lecture provenaient bien souvent de personnes qui ont aimé les mêmes livres que nous… En saisissant les derniers livres que j’ai lus, Bookshare me présente les personnes qui ont les mêmes affinités littéraires que moi, proches de moi. En visitant leur page, je peux trouver des idées de livres à lire, mais je peux aussi communiquer avec eux via une messagerie propre au site, et même leur acheter un livre d’occasion.

SR : Est-ce que tu sens que tu pourrais avoir un travail en tant que programmeur junior aujourd'hui ?
AS : Je pense que j’ai encore beaucoup à apprendre, ne serait-ce que pour approfondir les bases que j’ai acquises lors de ces 9 semaines. Toutefois, quand je vois que j’arrive à coder moi-même mon site (www.donnie.fr, qui sera live au 1er mai, fingers crossed!), en arrivant à trouver seule des solutions aux blocages que je peux rencontrer, je me dis que j’ai déjà assimilé l’esprit du développeur, et que même si techniquement j’ai encore une marge de progression énorme, je me sens capable de m’adapter rapidement et, pourquoi pas, prendre une poste de développeur junior.

SR : Quelles sont aujourd'hui tes perspectives d’avenir ? (sans pression !)
AS : Pour le moment, je travaille à monter mon site pour promouvoir mon activité d’accompagnement RH (et sur lequel à terme je souhaite proposer la prise de rdv en ligne). Je me laisse encore quelques semaines pour le développer et voir si l’activité prend. Si ce n’est pas le cas, j’envisage de trouver un poste en développement, plutôt en back-end. Et continuer de contribuer dans la communauté du Wagon, en participant à des projets, mais aussi en passant prof-assistant dans un premier temps.

SR : Un message que tu aimerais faire passer aux futurs apprenants qui souhaitent se lancer dans la programmation ?
AS : Si vous avez toujours rêvé de faire du code, mais que vous vous reteniez au motif que vous n’avez pas de formation scientifique : n’hésitez plus ! Le code et la programmation sont tout à fait accessibles à des littéraires également (j’en suis la preuve vivante !). Apprendre à coder et à programmer, c’est découvrir un écosystème très accueillant, où ce sont les compétences qui comptent plutôt que les apparences, et rien que pour cela, ça vaut le coup !
Vous entrez dans une communauté qui, contrairement à l’image populaire, fonctionne beaucoup en réseau, communique beaucoup, et où l’entraide est une valeur clé : il n’est pas rare de voir des développeurs expérimentés s’arrêter pour vous aider à comprendre votre erreur ou même développer avec vous une partie de code que vous n’arrivez pas à finaliser. Aujourd’hui, je connais peu de communautés aussi accueillantes...
Il faut toutefois avoir un projet en tête, et pour lequel le code est important : en effet, si vous n’avez pas d’objectif, le risque est qu’à l’issue du bootcamp, vous arrêtiez de coder et que malheureusement vous perdiez rapidement ce que vous avez appris.