Entretien avec Sophie, ancienne de la 3W Academy

Aujourd'hui, interview de Sophie, qui se définit comme couteau suisse du web, et à qui un passage à la 3W Academy en 2013 a conféré une lame de plus...

- 2017-7-21

Sagarank : Bonjour Sophie, est-ce que tu peux nous parler un peu de ton parcours avant d'avoir fait la 3W Academy ?
Sophie A. : Eh bien, en début de carrière je suis arrivée un peu par hasard dans une start-up, tout d'abord comme assistante administrative, puis j'ai commencé à travailler avec des business developers. Et très rapidement, j'ai mis les mains dans l'intégration de contenu car il fallait nourrir notre CMS (NDLR: Content Management System ou Système de Gestion de Contenu; une application qui gère du contenu, typiquement pour faire un blog ou un site). Lorsque la boîte a été rachetée, j'ai dû quitter l'entreprise et je me suis mise à faire des formations courtes de quelques jours, sur le référencement, la gestion de contenu, les réseaux sociaux... J'ai trouvé un CDD de responsable réseaux sociaux chez un site de voyages, à l'issue duquel je me suis posée pour redéfinir ma suite de carrière. Me spécialiser dans les réseaux sociaux ne m'intéressait pas forcément, et j'avais envie de me tester sur des choses plus techniques que ce que j'avais fait jusqu'alors - le travail que faisaient les développeurs m'a toujours fascinée, alors j'ai décidé de sauter le pas.

SR : Et pour quelles raisons ton choix s'est-il porté sur la 3W Academy ?
SA : Tout d'abord parce que les langages qu'ils proposaient étaient 100% web. Même si je voulais acquérir des compétences techniques, je voulais rester dans un domaine qui me plaisait, comme le web. Par ailleurs, je n'avais pas la possibilité financière de faire une formation longue, et je me suis dit que 3 mois me seraient suffisants pour déterminer si le travail allait me plaire - j'étais bien consciente que je n'allais pas faire le tour du métier en 3 mois, mais j'allais avoir un bon avant-goût. J'ai comparé aussi avec d'autres formations, dont une était financée par le pole-emploi - mais le discours de Djamchid (NDLR: Directeur de la 3W Academy sur le contenu et l'employabilité à l'issue de la formation a achevé de me convaincre.

SR : Comme tu avais déjà une première expérience en bidouillant de l'intégration web, comment s'est passé ta formation ?
SA : À ma grande surprise, j'ai réalisé que j'avais au moins les bases en intégration web et que je me débrouillais plutôt pas mal ! Le principal truc que j'y ai appris côté structuration front-end, c'était le responsive, que je n'avais pas vu ni pratiqué jusqu'alors. En revanche, j'ai eu beaucoup plus de mal avec les langages de programmation "classiques" comme Javascript et PHP, notamment parce que la pédagogie du prof n'était pas terrible (voir l'avis de Sophie). Je m'en suis quand même sortie avec le PHP, notamment lorsqu'il s'agissait d'assembler dynamiquement une page à partir de blocs, parce que la logique HTML m'était familière... Mais le Javascript, et tout ce qui relevait de l'algorithmique, ça m'a dépassé assez vite. Cela dit, c'est là que j'ai réalisé qu'il y avait plusieurs types de profils, parce que ceux qui étaient bons en Javascript et PHP n'étaient pas nécessairement aussi performants en front-end...

SR : Et à l'issue de la formation, tu as continué à parfaire tes compétences ?
SA : Je me suis mise en freelance peu après, et ai fait 4-5 sites "vitrine" pour des connaissances, notamment des professions libérales. J'ai essayé de faire "propre" en partant d'une installation WordPress vierge et faisant un nouveau thème moi-même. J'ai recherché simultanément des postes en développement web, mais j'ai eu peur que mes lacunes en programmation ne fassent que je me "plante", et j'ai recommencé à chercher des postes "couteau suisse", où on demandait des compétences en rédactionnel, en intégration, en gestion de contenu - des postes où je me sentirais plus dans ma zone de confort.

SR : Donc, assez rapidement, tu as arrêté de mettre en œuvre ces nouvelles compétences ?
SA : Non, pas nécessairement : 6 mois après la formation, j'ai trouvé un poste où j'ai remplacé une personne et j'y ai fait des choses en termes de développement front-end qu'elle n'aurait pas su faire, et que je n'aurais pas osé non plus avant d'avoir fait la formation. Et puis, dans mon poste actuel au sein d'une équipe de conception-rédaction, j'ai obtenu le poste de référent web. Au quotidien, je fais toujours régulièrement du HTML et des CSS pour notre CMS et j'interagis avec les personnes en charge du site web, avec qui on a un langage commun.

SR : Cette formation t'a donc permis de discuter plus facilement avec d'autres profils plus techniques ?
SA : Absolument, ça me permet d'échanger avec des développeurs, même sans savoir faire les mêmes choses qu'eux. J'en sais assez pour comprendre ce qui est possible, difficile, etc. Je parle le même langage, ce qui me permet de savoir d'ailleurs si on essaie de m'arnaquer avec des estimations farfelues (rires). Je sais ce qu'est une base de données, un script, bref, j'ai acquis une certaine culture du développement.

SR : Quels conseils donnerais-tu à la Sophie qui s'apprêterait à commencer la formation ?
SA : De se dégager plus de temps pour creuser les sujets sur lesquels je n'avais aucune base. Mon fils était petit à cette époque-là, et jongler entre le professionnel et le personnel était vraiment compliqué. Et comme je me suis rendue compte que je n'avais pas de facilité pour l'algorithmique, ça m'a fait cumuler un retard difficile à rattraper sur des compétences que je souhaitais vraiment acquérir au départ. Mais sinon, peu de choses à dire car, franchement, j'ai adoré les 3 mois passés là-bas.

SR : Es-tu toujours en contact avec d'autres camarades ou professeurs ?
SA : Très ponctuellement; je sais qu'un ancien camarade a été embauché par la 3W Academy. Je n'ai plus vraiment de contact avec les autres, même si on a parfois échangé des nouvelles avec Claire (NDLR: assistante à l'école 3W Academy) et Djamchid. J'avais d'ailleurs à l'époque créé un Tumblr, le défouloir des apprenants dont ce dernier me donnait des nouvelles régulièrement. J'avais participé avec eux à quelques speed recruiting à l'issue de leur formation, et je reçois toujours leur newsletter.

SR : Et aujourd'hui, est-ce que tu te formes à d'autres sujets dans le numérique ?
SA : Tout-à-fait, récemment j'ai fait 2 formations courtes de quelques jours à l'UX, à la stratégie de contenu digital, au brand content marketing... Ce sont des formations très courtes mais qui donnent envie de creuser d'avantage. J'aimerais d'ailleurs faire une formation de quelques mois sur l'analyse de trafic et l'optimisation du référencement, d'un point de vue outils et techniques de pilotage. Par ailleurs, l'UX m'a vraiment passionnée et m'attire également.

SR : Pour finir, vois-tu maintenant le monde différemment d'un point de vue personnel ?
SA : Oui, on peut dire ça. Déjà, ça m'a permis de démystifier les métiers très techniques, de réaliser que les développeurs sont loin d'être des magiciens, même s'ils font parfois des choses brillantes. Ça m'a donné confiance à titre personnel, car tout le monde a des compétences et une intelligence qui lui sont propres. Enfin, ce contact avec le développement m'amène à essayer d'y familiariser mon fils - je l'ai d'ailleurs inscrit à un après-midi de coding à la Villette - je pense que pour les enfants de sa génération, le code sera quasiment aussi important que les langues étrangères.